Depuis le 6 mars 2026, les pharmaciens disposent de nouvelles possibilités pour faire connaître leur officine, leurs services et leurs activités.
Le décret n° 2026-156 du 3 mars 2026, publié au Journal officiel le 5 mars, a profondément modernisé le code de déontologie des pharmaciens. Parmi les évolutions les plus remarquées figure l’assouplissement des règles relatives à l’information et à la publicité.
Un changement important pour une profession dont la communication commerciale était jusqu’ici particulièrement encadrée.
Mais pourquoi cette évolution ? Qui en est à l’origine ? Que peuvent désormais faire les pharmacies ? Et surtout, quelles opportunités cette nouvelle réglementation représente-t-elle pour les officines ?
Avant mars 2026 : une publicité très limitée pour les officines
Historiquement, les pharmacies françaises n’étaient pas soumises aux mêmes règles de communication qu’un commerce traditionnel.
Le pharmacien est en effet à la fois un professionnel de santé et un acteur économique. Son activité commerciale doit donc rester compatible avec ses obligations déontologiques et avec la protection de la santé publique.
Avant la réforme, la publicité en faveur d’une officine était ainsi limitée à des situations très précises. Elle pouvait notamment prendre la forme d’un communiqué dans la presse écrite lors de la création ou du transfert d’une officine, d’un changement de titulaire ou encore de la création de son site internet.
Le nouveau décret change sensiblement cette logique.
Depuis le 6 mars 2026, la publicité en faveur d’une officine peut désormais être réalisée sur tout support, dans le respect des règles prévues par le Code de la santé publique.
Cela ouvre donc la porte à une communication beaucoup plus large : supports imprimés, communication locale, Internet, réseaux sociaux et autres canaux numériques.
Pourquoi la réglementation a-t-elle évolué ?
Cette réforme s’inscrit dans une évolution beaucoup plus large de la profession de pharmacien et de son environnement.
Les habitudes des patients ont changé. Avant de se rendre dans un établissement ou de solliciter un professionnel, ils recherchent de plus en plus d’informations en ligne : horaires, localisation, services disponibles, spécialités, vaccination, dépistage, accompagnement proposé…
Dans le même temps, les missions confiées aux pharmaciens se sont considérablement développées.
La pharmacie n’est plus uniquement un lieu de délivrance de médicaments. Les officines occupent aujourd’hui une place croissante dans la prévention et l’accompagnement des patients.
L’ancien cadre déontologique, élaboré à une époque où les outils numériques étaient beaucoup moins présents, était devenu difficilement adapté à ces nouveaux usages.
Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens explique ainsi que la réforme vise notamment à prendre en compte la diversification des supports de communication, l’évolution de la jurisprudence européenne et les attentes croissantes des patients en matière d’information.
Qui est à l’origine de cette évolution ?
Il ne s’agit pas d’une décision isolée autorisant soudainement les pharmacies à faire de la publicité.
La réforme est le résultat d’un processus de plusieurs années.
Le nouveau code de déontologie a été élaboré par le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, en concertation avec ses différentes sections. Le projet a ensuite fait l’objet d’échanges avec les services de l’État et de plusieurs consultations.
Le décret mentionne notamment les délibérations du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens des 4 octobre 2021, 22 mai 2023 et 26 mai 2025, ainsi que l’avis de l’Autorité de la concurrence du 2 juin 2025. Le projet a également été notifié à la Commission européenne avant son adoption en Conseil d’État.
La réforme tient également compte du droit européen. Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens cite notamment l’arrêt Vanderborght de la Cour de justice de l’Union européenne du 4 mai 2017 lorsqu’il explique l’évolution des règles applicables à la publicité des officines.
Il s’agit donc davantage d’une modernisation progressive du cadre réglementaire que d’un simple changement de politique commerciale.
Qu’est-ce qui change pour les pharmaciens ?
La nouveauté majeure tient dans une disposition particulièrement importante : la publicité en faveur des officines peut désormais se faire sur tout support.
Pour les pharmaciens, les possibilités de communication deviennent donc beaucoup plus importantes.
Une officine peut notamment mieux présenter son identité, ses horaires, ses prestations, ses missions, ses activités, ses coordonnées et les services proposés aux patients.
Elle peut également renforcer sa présence numérique. Le nouveau cadre reconnaît explicitement la possibilité pour le pharmacien de communiquer par tout moyen, notamment sur Internet, et le Conseil national de l’Ordre confirme que les réseaux sociaux font partie des supports pouvant être utilisés.
Pour les officines, cette évolution représente une véritable opportunité de développer leur visibilité locale.
Quels bénéfices pour une pharmacie ?
Le premier avantage est évident : se faire connaître auprès de la population de son territoire.
Dans une ville, un quartier ou une commune rurale, une pharmacie propose parfois de nombreux services que les habitants connaissent encore mal. Une communication adaptée permet de mieux les valoriser et de rendre l’offre de l’officine plus lisible.
Le deuxième bénéfice concerne l’image de l’établissement.
Une pharmacie peut désormais travailler davantage son identité et expliquer ce qui caractérise son accompagnement : proximité, disponibilité de l’équipe, services proposés, prévention, conseils ou encore nouvelles missions.
La communication peut également contribuer à renforcer la relation entre l’officine et son territoire. Pour une pharmacie indépendante notamment, il devient possible de mettre davantage en avant son ancrage local et son rôle de professionnel de santé de proximité.
Enfin, cette évolution offre aux pharmacies la possibilité de mieux combiner communication print et visibilité digitale.
Un support local peut permettre de toucher les habitants au quotidien tandis qu’une présence numérique facilite la recherche d’informations et prolonge cette visibilité dans le temps.
Attention : tout n’est pas permis
Cette ouverture reste fortement encadrée.
Le décret précise que la publicité doit notamment être loyale et honnête. Elle ne doit pas induire le public en erreur.
Les pharmaciens ne peuvent pas utiliser de témoignages de tiers à des fins publicitaires ni effectuer de comparaisons avec d’autres pharmacies ou des tiers.
La communication ne doit pas non plus inciter à un recours inutile à des actes ou produits de santé, favoriser leur mésusage ou porter atteinte à la protection de la santé publique, à la dignité de la profession, à la confraternité entre professionnels ou à la confiance des patients.
Autre distinction essentielle : faire la publicité d’une officine n’est pas la même chose que faire la publicité d’un médicament.
La réglementation précise notamment qu’un même support ne peut pas comporter à la fois un message publicitaire en faveur de l’officine et une information ou publicité concernant certains médicaments et produits relevant du monopole pharmaceutique.
La publicité en faveur des officines ne peut par ailleurs pas être réalisée à l’occasion d’une manifestation publique ni dans les locaux de professionnels de santé ou d’autres professionnels ayant une activité de santé.
Enfin, le pharmacien conserve la responsabilité de la conformité des communications qui le concernent.
Information et publicité : une distinction devenue essentielle
Le nouveau code définit désormais clairement ces deux notions.
L’information correspond à un message, une donnée ou un renseignement délivré dans le cadre de l’exercice professionnel sans caractère publicitaire.
La publicité, quant à elle, correspond à un procédé par lequel le pharmacien assure auprès du public la promotion, à des fins commerciales, de son activité, de son établissement, de sa structure ou des produits proposés à la vente.
Cette distinction est importante car les règles applicables ne sont pas nécessairement les mêmes.
Le pharmacien doit également réserver une part prépondérante de sa communication aux messages de santé publique. L’ouverture à la publicité ne transforme donc pas la pharmacie en commerce comme un autre : la mission de santé reste au cœur de sa communication.
Y a-t-il des inconvénients ou des risques ?
Cette évolution apporte de nouvelles possibilités, mais elle crée aussi de nouvelles responsabilités.
Le premier risque concerne la frontière entre communication autorisée et pratique contraire aux règles déontologiques. Les pharmacies devront apprendre à maîtriser ce nouveau cadre et à distinguer clairement la promotion de l’officine, l’information de santé publique et la publicité relative aux produits.
Deuxième enjeu : l’intensification possible de la concurrence locale. Si les pharmacies communiquent davantage, certaines pourraient être tentées de multiplier les campagnes pour gagner en visibilité. Or le nouveau code interdit précisément les communications comparatives ou susceptibles de nuire à la confraternité.
Enfin, une communication trop commerciale pourrait être contre-productive. La confiance accordée au pharmacien repose largement sur son statut de professionnel de santé. Une pharmacie a donc intérêt à utiliser ces nouvelles possibilités avec mesure.
L’objectif n’est pas de communiquer davantage à tout prix, mais de communiquer mieux.
Une nouvelle liberté à utiliser intelligemment
Le décret du 3 mars 2026 ouvre donc une nouvelle étape pour les officines françaises. Les pharmaciens disposent désormais de bien plus de possibilités pour faire connaître leur établissement et renforcer leur visibilité auprès de la population.
Mais pouvoir communiquer ne veut pas dire devoir communiquer partout, ni à tout prix. Le véritable enjeu pour une pharmacie sera de choisir les bons supports, les bons messages, et surtout la bonne audience. La communication locale prend ici tout son sens : être visible auprès des habitants de sa commune et de son bassin de vie permet de développer la notoriété de l’officine tout en restant cohérent avec son rôle de professionnel de santé de proximité.
Des solutions concrètes pour les pharmaciens
C’est précisément dans cette logique que s’inscrivent les solutions proposées par Médias-Presse
Grâce à notre présence sur le terrain et à nos partenariats avec des établissements et acteurs locaux, nous développons des solutions associant supports imprimés et visibilité digitale. Pour un pharmacien, cette complémentarité peut représenter une nouvelle manière de communiquer : être présent sur des supports utiles, consultés localement, tout en prolongeant cette visibilité sur le numérique.
L’objectif n’est pas de transformer la pharmacie en commerce comme un autre, mais de profiter du nouveau cadre réglementaire pour mieux faire connaître une officine, ses services et son ancrage territorial.
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